Lettre à Antoine

Publié le par Laure H.

      Suite de la correspondance "Lettres à Antoine",
       dont le beau blog de Vividecateri est le chef d'orchestre
              


                       
                                 Des photos de papillons / st-antigone


Cher Antoine,

 

Mon rêve fut étrange et très beau. J’ai rêvé bien sûr à la Signadora – je l’appelais ainsi en songe.

Mais son visage, ni sa silhouette, n’étaient plus les mêmes. On retrouvait bien sûr en eux ceux d’Hélène, mais on y voyait aussi quelque chose d’autre, comme un nouveau profil qui se découvrait. Une femme, nouvelle, qui se dessinait à travers Hélène.

La voix de la Signadora avait des intonations enchanteresses, très corses, un accent pris entre la mer et les montagnes, tantôt grave, presque rocailleux et amer, comme sous l’émotion, tantôt s’éclaircissant comme le bleu de l’onde sous l’azur du ciel.

Je ne parvenais pas à comprendre ses paroles. Elle parlait très bas. Et soudain un sourire s’est épanoui jusqu’en ses yeux lumineux… puis son visage est devenu papillon. Papillon blanc.

C’est un rêve, Antoine. Tout est permis, n’est-ce pas ?

C’était mon papillon blanc, mais qui n’était plus si lunaire, plutôt solaire. Comment t’expliquer ?

D’un doux battement d’ailes, le papillon s’est envolé. Dans son visage, les paupières étaient fermées. Et j’ai ouvert les yeux.

 

Je suis parti à ma fontaine de l’aube. Mon papillon blanc est revenu. Il avait l’air plus craintif, comme intimidé. Je lui ai raconté doucement mon rêve, en chuchotant, pour ne pas l’effrayer. Il bougeait un peu des ailes, comme pour me dire qu’il comprenait.

Tout-à-coup, je me suis dit que tous ces papillons du matin sont les pensées d’Hélène. Penserait-elle à moi à chaque réveil ? Ou m’intimerait-elle de sortir de mon cocon, secouer ma mue, prendre mon envol ?

Mon mauvais œil a tourné de l’œil, j’ouvre les yeux, mon regard est comme neuf.

Le papillon sans crier gare a pris ses ailes à son cou et est parti loin de ma vue. C’est toujours ainsi qu’il me quitte.

 

Je suis venu m’adosser sur le Mur du Sage. Cela me donne de la force. C’est de là que je t’écris.

On sent encore dans l’air la pluie tombée hier. Le ciel est délavé, hésite. Comme moi. A comprendre.

Salut, Antoine, salut l’ami

 

Pierre


La suite chez Vivi, et demain ici pour ma nouvelle suite
nous arrivons bientôt à la dernière lettre...

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V
De gros bisous en passant, Merci Laure
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T
Belle histoire qui démarre, et j'aime beaucoup ton style. Tes mots jolis, Laure, sont de doux papillons qui bruissent à l'aurore, à l'aube, sous ton crayon... gros bisous Tétrao
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~
J'admire...d'autant plus que je ne sais pas écrire...
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L
<br /> Merci, Kri... mais tu sais voir et photographier, et toujours de beaux mots trouver et citer...<br /> <br /> <br />