Cendre est l'or II
Le voile s’affaisse
pour clôturer un trop court spectacle
Ma voile se gonfle
immense soupir d’une envolée ou d’un enterrement
L’absence se joue de moi
mes manques s’écartèlent et me dépossèdent
m’érigent en reine déchue
les yeux élargis vers passé ou avenir heureux
Le présent quand il est non-présence
blesse de la déchirure du voile
L’hiver n’est que le dessèchement de l’automne
quand tout l’or est bu
quand tous les arbres sont nus
on ne pourrait passer de l’automne au printemps
l’or ne peut reverdir
les feuilles sont mortes et tombent
les feuilles mortes ont à tomber
dans l’hiver de leur tombe
à s’éparpiller
comme cendres
Cendre est l’or
poussière de lune ou de soleil
selon les éclats tombés de ton regard
Laure H. 1998