ma culture

Sous mon toit où je me sens moi
je jardine ma culture
pour une floraison de couleurs
qui ne déteindront jamais, qui ne s’éteindront jamais
que toujours j’étreindrai
Ma culture est sauvage
ses accents sont étranges étrangers
farouches inatteignables et étrangement familiers
comme la grandeur comme la beauté comme l’idéal
comme l’originalité
dans ce monde baignant dans la banalité
banalité d’une propreté grise, usée, récurée
par les mêmes détergents de principes tout sauf princiers
bouches d’incendie ravalant leur flamme
en des lieux communs bien loin
de leur contrée originale
Ma culture sera contre eux pour être bien contre elle
pour ne pas se perdre
dans ce labyrinthe cyclique sans coin de rêverie
où les pensées tournent en rond sans souffrances
une ivresse de mots vibrant sans étiquette stérile
une ivresse de maux qui sont des protections ultra-sensibles
mêlant les sens affinés à l’extrême
à l’encontre d’un sens unique sans issue
Plus rien n’est su, sens décousu
pour revêtir le costume d’Arlequin
palette des couleurs en fleurs de ma sauvage culture
Peu m’importent ceux qui refusent de s’emporter
De se laisser porter par le vent de tendresse et passion
qu’est l’héritage de ma culture
ce vent du désert tout en chaleur et en cris
ces chants heureusement mélancoliques d’un éternel amour
ces champs que je ne laisserai jamais en friche
je sèmerai ce vent je cultiverai cette tempête
qui toujours m’ont élevée loin de ces hôpitaux
où la sagesse se soigne plutôt qu’elle ne s’intègre
se récite plutôt qu’elle ne se chante
se répète plutôt qu’elle ne se devine
où l’éther nettoie et efface, bien loin d’accéder aux contrées éthérées
Mon alcool enivre et envenime
plutôt qu’il ne désinfecte
le néant des cultures de production sans reproduction
jamais n’atteindra les herbes folles feux follets de mes aspirations
Mes désirs se meurent d’amour et pour cela ne meurent jamais
Hélas nous ne parlons pas la même langue
mon accent s’accentue face à vos formules toutes faites
qui se défont comme des nœuds
ma poésie ne sera jamais récitation
Pauvre Narcisse se contemplant dans un miroir sans tain
que vous déteignez le plus souvent
qui détone mais comme un tonnerre
riche en éclairs qui n’éclaircissent pas votre électricité
foudre qui se brise elle-même en éclats de la glace qu’elle rencontre
Mais ces blessures sont nobles, elles me sont boucliers
effigie de ma culture en éclats de rire
chants rauques à l’heureuse fatalité
Je crois mais cela ne regarde pas vos croyances
je crois parce que cela me fait grandir
comme l’agrandissement d’une photo chère
dont la chair dématérialisée pousse en moi comme un nouveau bouquet
si fort en fleurs, si fier de couleurs,
qu’il se battra toujours comme les battements d’un cœur
ressuscité, ravivé, vibrant du désir d’un mort
de mes chers disparus dont le clair regard
renforce l’éclat sombre de mes prunelles
Au cœur de l’iris fleur princière de ma folle culture
Sous mon toi